Le Biche à la belle époque

Compte rendu du Conseil d'Administration du 29 avril 2005, Lorient.

ASSOCIATION «LES AMIS DU B I C H E»

CONSEIL D'ADMINISTRATION du 29 avril 2005
Conseil réuni au Centre Nautique de Lorient, 20 heures.

Présents : Marc Maussion Président, Michel Philippe Secrétaire, Ange Yvon, Gilles Molac, Léon Le Corre, Bruno de la Monneraye, Yannick Le Pavec, William Vogel, Yann Maufret, Paul Bonnel (Chantier du Guip), William Duviard, Dominique Jeannès, Gwénola Avignon.

Excusés : Jacques Blanken rapporteur comité scientifique, Jean Paul Le Mentec Trésorier adjoint, Patrick Tonnerre ouèbemestre, Michel Bellion, Victor Tonnerre et Éric Régénermel Maires de Larmor-Plage et de Groix.

Le président et William Vogel font état des réunions portant sur le bateau :

  • À Brest, une commission des Musées de France, dont le conservateur du Musée du bateau, son adjoint et Raymond Labbé, expert, a eu lieu début avril. Marc Maussion a assisté avec Paul Bonnel à cette séance où tout contact a été exclu de la part des représentants du Musée de Douarnenez ces derniers refusant même de saluer notre délégation. Pour l'expert, le bateau n'est pas muséographiquement restaurable.

  • Réunion à la direction des Musées de France, sans délégué du ministre, avec le maire de Groix et celui de Douarnenez à la Mi-avril 2005 dans laquelle la seule logique des Musées de France et de celui de Douarnenez a été défendue. Le bateau est considéré comme non restaurable du point de vue des moyens et de la conception qu'ont ces institutions de la conservation. Elles s'orientent donc vers une déconstruction du bateau pour en présenter des pièces significatives dûement traitées au Musée de Groix. L'association serait encouragée à entamer la construction d'une réplique. Le Maire de Groix n'a pu que prendre acte de ces positions dont l'immobilisme depuis deux ans laisse pantois.
    De notre point de vue, il ne s'agit aucunement de reconstruire un bateau pour Groix, mais de sauver le dernier dundee thonier existant : le Biche de Groix ; avec son histoire, sa substance technique et humaine, tous éléments passionnants qui paraissent passer complètement à côté des soucis de ceux dont le métier est justement la conservation.

  • Vers le 20 Avril, Madame Gauthier Desveaux et sa collaboratrice Evelyne Schmitt ont rencontré le Président et le Maire de Groix à Groix. Elles ont entendu notre volonté d'agir à la résurrection d'un bateau exceptionnel en tant que tel, mais aussi en tant que représentant des arts de la construction, de la navigation, de la pêche et de toute l'économie thonière bretonne. Nous avons donc demandé le déclassement pur et simple du bateau tel qu'il est. Nous demandons surtout à ce que les musées de France cessent de considérer le Biche comme un objet archéologique quelconque, comme une relique ou une épave dans une grève. Il s'agit d'une pièce passionnante qui devrait justement alimenter la réflexion et l'action de tous les décideurs, en premier lieu de ceux dont c'est le métier.

  • Le 29 mai au matin, au ministère avec le délégué du Ministre en présence de Marie-Annick Ducrey directrice des Musées de France (on peut dire qu'enfin la question du Biche est posée au niveau convenable) et Mme Callas:

    Le déclassement est administrativement impossible car l'acquisition a fait l'objet de l'intervention de fonds publics (ce dont l'association formée par ailleurs de citoyens, contribuables est parfaitement consciente). La construction d'une réplique bénéficiant de la bienveillante attention de ces autorités n'est pas du tout dans les buts que nous poursuivons ni d'ailleurs dans les moyens : le financement public culturel n'existant plus et les avantages du mécénat privé ne pouvant être appliqués à de telles réalisations.

    Madame Ducrey propose la conservation par les Musées de pièces significatives ce qui permettrait le déclassement du reste du bateau réutilisé pour sa renaissance. Les financements continueraient alors à êtres recherchés dans les actions déjà entamées.

    La définition des parties à conserver en Musée d'une part, et d'autre part de la structure qui servira de base à la reconstruction, serait déterminée à notre sens non par une discussion entre experts mais au fur et à mesure des travaux, seule façon d'extraire et de répertorier (sur la base du dossier informatique du Musée de Douarnenez, façon élégante de consacrer les mesures conservatoires à la conservation).

    De telles modalités ont présidé, par exemple à la restauration de la Bergère de Domrémy, classé monument historique.
    Tel qu'il est, le bateau se répartirait en trois ensembles :

    1. Pièces démontées pour les Musées
    2. Base dévolue à la reconstruction
    3. Eléments répertoriés mais non utilement récupérables.

    Cette proposition, quoique compliquée, est une porte ouverte à notre association. Pour cela il faut que les Musées Nationaux jouent enfin carte sur table pour nous délivrer toutes pièces ou documents ayant trait à la situation administrative du bateau, modalités d'acquisition et d'achat, Actes de Francisation, ou de Belgisation ou d'Anglicisation si cela existe.

Il est nécessaire en effet qu'il s'agisse administrativement d'une restauration-reconstruction d'un élément majeur du patrimoine, et non de l'élaboration d'une réplique.

On regrette que, pour les Musées, il s'agisse surtout de sauver des apparences et des formes administratives. L'objectif passionnant pour tous, y compris les plus savants et les plus efficaces de conservateurs et directeurs de Musées, est justement de sauver, avec le bateau, tout le savoir immatériel qu'une telle opération va permettre de récupérer. Pour cette action de sauvegarde, il est curieux que l'association qui agisse seule en butte aux contradictions des structures dont la conservation est le métier. En une phrase, le Biche pourri va au Musée, le Biche restauré va en Mer.

L'association demande donc que tous les documents d'acquisition du bateau lui soient transmis en l'état par le Musée de Douarnenez, ceci en vertu de la loi républicaine portant sur l'accès aux documents administratifs ! S'agissant d'un musée public, cela ne devrait pas poser de problème. En cas de difficultés, celui-ci sera porté devant le Maire de Douarnenez et de là, aux autorités préfectorales.

L'action se dessine donc sur trois points :

  • Administratif : responsable Marc Maussion, William Vogel, Michel Bellion.
  • Technique : responsable Yann Mauffret, William Duviard et Jacques Blanken.
  • Mise en chantier, Affaires Maritimes, navigabilité à l'issue : responsable Yannick Le Pavec, Michel Philippe.

Devant le piètre résultat de la patience et de la discrétion dont l'association a fait preuve pendant un an, afin de laisser le travail de réflexion se faire en haut lieu, il est décidé de recommencer la communication publique et dans la presse, en commerçant à l'occasion de la toute prochaine semaine du Golfe.

À ce sujet l'intervention de trois stagiaires a bien « boosté » le chantier de construction du Mini-Biche par William pendant un week-end. Les Ateliers de l'Enfer ont par ailleurs confectionné le jeu de voiles dont deux voiles tannées par Michel. Celui-ci a fait l'avance de 163,29 Euros (dont moitié en transport Continent Groix) factures et relevé remis à Marc.

L'assemblée générale est fixée au samedi 4 juin 2005 à 10 Heures à la salle des fêtes de Larmor-Plage, elle sera suivie d'un pot offert par Monsieur le Maire que l'on remercie. Convocations à expédier dès après les fêtes du Golfe.

Pour compte rendu, Michel Philippe.