Le Biche à la belle époque

Compte rendu de l'Assemblée Générale du 19 juin 2010, à Lorient.

ASSOCIATION « LES AMIS DU B I C H E »

L'Association s'est réunie en Assemblée Générale le samedi 19 juin 2010 à 10 heures, dans ses locaux situés sur le chantier de restauration de Biche, au port de pêche à Lorient.

Trente huit adhérents étaient présents ce samedi 19 juin 2010, et 43 pouvoirs leur avaient été confiés.

Après la mise en place d'un vidéo-projecteur et les présentations d'usage, Marc Maussion a ouvert l'Assemblée Générale en nous présentant son rapport moral.

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Assemblée Générale


Rapport Moral du président, Marc Maussion

Rapport Moral 2009

C'est avec un grand plaisir que nous avons rédigé ce rapport moral, puisque après sept années de préparations administratives, diplomatiques et financières, l'année 2009 a été celle du lancement de la restauration de BICHE, justification des efforts de tous les membres de notre association.

Un nombre incroyable d'actions ont été réalisés par les bénévoles, avec une participation au Salon Nautique de Vannes, à la Semaine du Golfe, au défi des ports de pêches, au Festival inter celtique. Nous avons également acheté, assemblé et aménagé notre local « le Carré du BICHE ».

Du coté chantier, débit de la nouvelle quille en janvier, dépose du lest en béton en mars avec le concours des bénévoles, pose de la nouvelle quille en juin, relevé des formes par Jean Sans et établissement des plans par François Vivier, démontage de l'étrave en septembre, construction du hangar du Guip en septembre, changement de l'étrave en octobre, traçage à l'échelle 1 de la structure en novembre, changement de l'étambot et des fourchettes en décembre, sont les principaux repères de 2009. Aujourd'hui en juin 2010, après une grosse année de travail, BICHE dispose d'une magnifique charpente en parfais état, et notre boutique est en ordre de marche.

Merci à tous les membres actifs bénévoles qui ne comptent ni leur temps, ni leur sueur, et qui ont en plus de la construction des locaux posé les clôtures, assuré les permanences des boutiques plus de 30 heures par semaine et organisé nos différentes manifestations, participé à nos commissions techniques, scientifiques et à la constitution de nos archives audiovisuelles.

En ce qui concerne les finances, la Fondation des Banques Populaires nous a rejoint, grâce au soutien actif de Gérard D'Aboville, avec un partenariat de 50.000 € en 2009 et 50.000 € en 2010.
La Fondation du Patrimoine nous a bien accompagné (merci à Monsieur Le Besque) avec 40.000 € de subventions.
Nous devons aussi noter le versement de 8.000 € par le Syndicat des Architectes de Bretagne et un financement complémentaire de Monsieur Henri Coisne de 5.000 €.
Deux nouveaux partenaires techniques nous ont rejoint : USHIP en début d'année et Grec Marine, en cours de signature. Hélas, il faut se résoudre à constater la rupture du contrat de mécénat de Hippopotamus, rupture de fait, sans réelles explications.
Il faut noter aussi la participation de plus en plus importante de donateurs particuliers au travers de la Fondation du Patrimoine avec plus de 15.000 € en 2009.

En septembre, nous avons eu le plaisir de recevoir à Lorient le conservateur du Musée de Douarnenez, ce qui a donné lieu à une passionnante comparaison entre les relevés du BICHE effectués par le Musée et ceux de François Vivier. Nous avons désormais accès aux archives du Musée de Douarnenez. Merci à Michel Philippe pour ses ambassades douarnenistes.

Nous souhaitions pouvoir accompagner cette dynamique en assurant une ouverture régulière du chantier au public, choses difficile pour les seuls bénévoles de l'associations. Cela nous a amené à envisager la création d'un emploi. C'est chose faite depuis le printemps 2010 avec Gaëlle Bernard qui nous a rejoint en avril dernier.

Les chiffres de nos ressources seront exposés dans le rapport financier mais je tiens à remercier le Conseil Général du Morbihan, le Conseil Régional de Bretagne, la Fondation Banque Populaire, Aserti, Ouest Imprimerie, EGTP, Coro Entreprises, la Fondation du Patrimoine, les donateurs privés, les membres de l'association sans lesquels BICHE serait toujours un thonier Dundee en souvenir. Merci également au Chantier du Guip et à son personnel pour le travail réalisé et la qualité de nos relations.

L'année 2010 va encore demander beaucoup de travail et de bénévolats à tous. Notre récompense sera en 2012 sur le pont d'un BICHE restauré et prêt à prendre la mer.
C'est cet objectif que nous poursuivons tous ensemble contre vents et marées.

L'assemblée applaudit le rapport, Marc Maussion passe la parole à Michel Philippe.


Rapport Comité Scientifique

Michel Philippe introduit son rapport par une note sur le plaisir de pouvoir nous sentir "chez nous" au Carré du Biche.

Puis il évoque le travail des compagnons du Guip en démontrant que dans la restauration de Biche, chaque geste est un geste scientifique, au delà de son caractère spectaculaire lié à la précision et à la taille imposante des pièces man¿uvrées. Guidés par le souci de l'authenticité, basés sur le modèle original sujet de la restauration, les charpentiers au travail font plus que construire un bateau, ils "re-conditionnent" l'existant, donnant au Biche original une extension temporelle qu'une construction sur plans, sans modèle préalable, n'aurait jamais permis.

Michel nous fait remarquer la qualité de nos relations avec les musées d'Etel et de douarnenez. Les échanges sont fructueux et contribuent à améliorer le respect de l'authenticité des réalisations.
Le plan définitif affiché au Carré est un résultat tangible de ce partenariat entre le musée de Douarnenez et François Vivier, qui a permis par ailleurs de souligner l'évolution de la déformation de la coque au fil des ans.

La recherche d'une annexe de thonier fait également partie du travail de recherche scientifique, par la comparaison de différents modèles existants. Nos recherches mettent en évidence les différences de formes liées aux différentes pêches requérant l'usage d'une annexe.

Depuis un an, nous collectons nombre de documents et de pièces d'origine. Pour une part il s'agit de contributions de particuliers qui offrent ou mettent à disposition de l'association des documents ou pièces d'origine. Pour une autre part, nous allons dans les vasières et fouillons les hangars de fond de port pour relever des détails, sections de bois utilisées, plans de ponts, assemblages particuliers... Ainsi, la présence d'une bitte particulière destinée au virement du bateau sous drague a été identifiée sur une épave, puis repérée sur Biche par un détail de la structure de pont, alors qu'elle en avait été supprimée lors de son passage à la plaisance.
Les détails de construction de la louve, le passage de la mèche de gouvernail, ont été complétés par les photos prises sur diverses épaves.
Une grand voile d'époque (Étoile de France) a été retrouvée à Binic et donne des indications intéressantes pour la réalisation de la voilure.
Le tape cul, caractérisé par une fusée très longue, sera façonné à la forme de celui qui nous a été confié, provenant sans doute du Blavet.
Pour les espars, nous avons de très nombreux documents, plans (Keraudran) et photos, qui conditionneront leur réalisation.
1.000 mètres de cordages divers ont été répertoriés comme constituant le gréement courant.

Le pouliage (52 poulies assorties de 90 crocs, oeils et ciseaux) est défini. Sa mise en œuvre fera appel aux compétences d'un accastilleur renommé de Lorient, Grec Marine, et de forgerons locaux.

Le collectage de tous ces éléments satisfait l'ambition muséographique que l'association s'était engagée à respecter. La synthèse de ce collectage sera bien entendu mis à la disposition des Musées de Douarnenez, Groix et Étel.
L'authenticité de la restauration reste indiscutable. Il eut par ailleurs été peu sage de reproduire des erreurs d'époque : quelques défauts liés aux difficultés d'approvisionnement en bois en 1934 ont été rectifiés par le chantier du Guip.


Rapport Comission Animation

Charlie Walter nous présente ce bilan, mieux qualifié que quiconque puisqu'il est devenu le pivot de ce secteur.

Les animations font la base de notre effort de communication, par le contact direct avec le public qu'elles permettent. Mieux qu'un document, les bénévoles sont présents pour expliquer et promouvoir le projet, d'où leur importance. Nous avons aussi organisé en mars 2009 une exposition temporaire au Restaurant Terres de l'avenue de la Perrière, et diffusé des sets de table expliquant le projet BICHE dans plusieurs restaurants.

La semaine du golfe a été un succès. Le défi des ports de pêche à Groix, où nous avons été accueillis par le Club Nautique de Groix, a permis de rencontrer des gens du métier qui on manifesté leur intérêt pour notre démarche.

Les bénévoles ont intégralement réalisé la mise en place du local constitué de bungalows achetés au prix amical de 7.000 € à la société LOCARMOR. Un charpentier du Guip a aussi donné un coup de main pendant ses heures de repos. Les barrières et grilles d'entrée ont aussi été posées par les bénévoles.

Le FIL, où nous avions un stand Quai des Indes, a obligé un double travail puisque le Carré était lui aussi opérationnel. Pascal Orvoën y a organisé une soirée thon grillé que plusieurs musiciens et le bagad Plijadur sont venus animer gratuitement. La commune de Groix nous a prêté pour l'occasion les tables et bancs nécessaires.

Depuis août, il faut noter la participation régulière des bénévoles pour offrir un ouverture quotidienne du Carré au public. Ils ont ainsi permis l'accueil des visites de la Fondation du Patrimoine, de l'ensemble du personnel du Chantier du Guip, de la Fondation Banque Populaire, des cadres de notre mécène AZERTI et de Catherine Chabaud qui s'intéresse à nos efforts dans le cadre de notre démarche de motorisation "verte".

En plus des animations, les bénévoles participent chaque fois qu'il le peuvent à des travaux sur Biche, comme la dépose du lest en béton en avril mai 2009.

Michel souligne que toute cette activité donne à Biche sa place au sein d'un port de Kéroman industrieux et humain.


Bilan du Chantier du Guip

Yann Maufret retrace le travail effectué.

L'analyse de la charpente a été la base du travail. Les déformations visées par le relevé ont été corrélées puis corrigées par l'examen local des assemblages du bateau. Le repérage des déformations et la prise de mesures ont permis de rendre au plan ses formes d'origine.
La quille, qui vient de la forêt de Senlis, a été la première étape. Le démontage des pièces rapportées à l'étambot a permis d'analyser la conception de la louve. L'occasion pour le chantier d'effectuer la restauration de celle du Mutin en cours d'année, a permis de confirmer les règles à respecter.
Parmi les détails typiques de la construction de Biche : la partie arrière de la carlingue, qui monte très haut au dessus du massif d'étambot, et qu'on ne trouve pas sur d'autre bateaux de cette taille et cette époque.

Le travail est au stade du lissage, qui révèle les formes définitives du bateau puisqu'il s'agit d'aligner chaque membrure dans le prolongement parfait de ses voisines afin que les bordés s'y plaquent sans défaut. La pose des préceintes suivra sans délais dans les semaines à venir.

Tout le travail effectué a donné lieu à un suivi vidéo par Gilbert Thoraval, ce qui a permis d'archiver chaque étape de la restauration, mais aussi du démontage de l'ancien. C'est une source iconographique d'importance sur le plan de la conservation du savoir faire des charpentiers.

Rapport voté à main levée et approuvé à l'unanimité.

Le président remercie M. Lebesque pour le levier financier apporté par la Fondation du Patrimoine. M. Lebesque souligne que Biche est un des projets phare de la Fondation, ce qui explique sa participation élevée et constante.


Comptes de l'association, présentés par M. Le Bourlout

Immobilisations
  • Locaux 9.231 € qui seront amortis sur la durée du chantier.
  • Mini-Biche 2.935 €, quasiment amortis.
  • BICHE 412.000 € HT investis sur le bateau dont 221.800 € en 2009
  • Stocks et en cours
    • Stock boutique : 5.637 €
    • Créances diverses : 20.269 €
    • Disponibilités Banques : 23.683 €
    • Total ACTIF 472.259 €

Il ressort des comptes 2009 un bénéfice de 6.363 €
221.800 € de recettes mécénats et subventions (dont 130.795 € subventions Région et Département)

Le nombre d'adhérents est resté stable avec 260 adhésions pour un montant de 5.201 €.

Les ventes boutique et animations ont rapporté 11.000 € pour 4.600 € d'achats.
Les frais de fonctionnement de l'association s'élèvent à 10.582 € incluant les frais engagés par les bénévoles, (reçus fiscaux 3.370 €).

Nous avons négocié une autorisation de découvert auprès de la Banque Populaire, en échange de quoi y circule tout ce qui touche à la restauration du Biche, le compte Crédit Agricole servant au fonctionnement de l'association.

Le rapport du commissaire aux comptes est favorable sans réserves.

Approbation des comptes votée à main levée à l'unanimité.


Renouvellement du Conseil d'Administration

Validation du poste de Vice-Président pour William Vogel.

Comme tous les ans, un tiers du CA est renouvelable. Le tiers sortant est Laurent Berthomier, Marc Maussion, Michel Philippe, Charlie Walter, William Duviard. N'ayant pas enregistré de candidatures, tous les membres sortants se représentent.

Grégory Kervinio, nouveau membre se présente : travaille dans le milieu naval à Concarneau, souhaite s'investir davantage dans l¿association. Nous lui proposons de joindre l'équipage et de s'intégrer au CA en cours d'année, aucune place de se libérant ce jour.

Vote unanime pour conserver le CA actuel.


Projets

Chantier du Guip

La seconde tranche est entamée : réalisation de la membrure et du bordage.
On va border à claire voie pour que les bois soient le plus secs et ajustés possible avant la mise à l'eau.
80 heures pour poser une longueur de bordé : choix du bois, brochetage, étuvage, pose.
La troisième tranche (pont) sera entamée avant la fin du bordage pour ces mêmes raisons.
La répartition des bordés se fera à l'identique, en rééquilibrant les lignes si nécessaire.
Préceinte, bauquières et serres sont posées en premier, suite logique de la réalisation des parties structurelles du bateau.
Se pose la question de couvrir le bateau pour protéger les charpentiers et le travail réalisé, à la manière de ce qui se faisait autrefois par une sorte de toit en bois dépassant le livet.

Amis du Biche

L'association réfléchit à une participation de bénévoles encadrés pour les postes à fort nombre d'heures (peinture, calfatage...) et réduire ainsi le coût de la restauration.
Les pièces forgées pourraient aussi l'être par des bénévoles selon les compétences disponibles qui se manifestent en nombre depuis nos journées portes ouvertes de fin Mai 2010.

La commission scientifique, le chantier et l'architecte vont travailler de pair pour l'élaboration et le placement des pièces d'accastillage, et d'une manière générale la définition du plan de pont.

De plus en plus d'adhérents du Mimosa nous rejoignent avec les documents et informations dont ils disposent. Jacques Blanken propose que nous fassions un appel à témoins dans la presse pour amplifier le mouvement. Un adhérent suggère à la commission de se rapprocher de la collection Le Merdy, auteur de quantité de cartes postales à Concarneau, qui pourrait fournir une intéressante ressource iconographique.

Poulies : Michel présente la caisse d'une poulie de martingale servant de balancine de bôme, frappée en avant du mat de tapecul.
Nous contactons tous les forgerons pour la réalisation des ferrures que nous ne voulons pas en inox mécano-soudé, comme nous le proposait notre partenaire Grec Marine.
Lorient est un bassin de forge de longue tradition et nous ne doutons pas de trouver localement des ressources.

Conservation des pièces significatives de Biche : William a repris contact avec la DRAC sur ce sujet, et attend une réponse de Mme Schmitt dont il espère la visite sur le chantier.
Il appartient aux Musées de France de prendre en charge ces pièces. Nous avons communiqué sur le sujet mais espérons trouver une solution rapide de stockage à l'abri.
Nous en somme aussi au stade de l'inventaire précis de "ce qu'il reste à faire" afin de cadrer le budget jusqu'à exécution finale du projet.

Financement 2010 : il représente une enveloppe de 490.000 € dont 150.000 sont déjà réglés.
Le financement de cette tranche est assuré à hauteur de 450.000 €. Nous sommes confiants pour réunir les fonds manquants, et pour attaquer la troisième tranche sans rupture de charge, il faut absolument trouver d'autres partenaire à hauteur de 50 à 70.000 €. À défaut il faudra stopper le chantier et attendre début 2011 pour redémarrer (des partenaires sont déjà engagés pour 2011).
À noter qu'en complément du mécénat Fondation Banque Populaire (50.000 € en 2009 et 50.000 € en 2010), la Fondation Banque Populaire Atlantique qui vient de nous remettre un chèque de 2.000 €. De son coté, la Fondation du Patrimoine nous assure un abondement de 20.000 € pour 2010.

La défection d'Hippopotamus nous pose un vrai problème, sans lequel nous aurions bouclé cette seconde tranche sans problème.

Charlie Walter nous avertit des manifestations à venir : 3 juillet à Lomener, du 22 au 25 à Douarnenez, puis Festival Interceltique, où nous nous n'aurons pas de stand en ville mais un fort besoin de bénévoles sur place. Nous avons prévu l'ouverture quotidienne du site, avec animation musicale en soirée chaque jour.
Nous sommes aussi en communication avec les responsables du Festival pour que le Mini-Biche participe à la Grande Parade, avec le Cercle Celtique de Groix.



La réunion est close à 12 heures 15 et le présent procès verbal établi pour servir ce que de droit.